Todavia en la ruta !

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    Ok, nous sommes revenues en France depuis le mois de juin. Cependant, vous êtes nombreux à avoir suivis nos aventures avec attention, demandant toujours plus de détails. Une histoire a commencé à s’écrire ici et vous êtes en droit d’en connaître la chute. Le treizième voyage continue …

Reprenons le fil …

Nous étions donc en Equateur.

Cuenca -> Guayaquil -> Riobamba -> Misahualli (à l’Est de Tena) -> Quito !

ecuador_mapa

Les p’tites robes roulées au fond du sac et les polaires sur le dos, nous prenons de l’altitude! 2800 mètres plus haut et quelques heures plus tard (seulement 6h cette fois) nous entrons dans la capitale équatorienne, classée par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’Humanité, Quito.

Au (superbe!) terminal de bus, nous retrouvons un ami d’un ami de Fausto, couchsurfeur à Cuenca …. bref. Il s’était proposé de venir nous chercher car Quito est une ville très TRÈS étendue et les gares routières sont  toujours en périphérie. Très gentiment donc, le bonhomme nous dépose devant un hôtel qui est censé être dans nos prix… Haha ! Bon, maintenant que le temps a passé, je vais vous raconter cet épisode dont nous nous sommes bien gardées, jusqu’ici, de vous dire mot!

Sombre, déco’ vieillotte, réceptionnistes peu aimables et étrangement pressés, l’hôtel est sacrément glauque! La chambre, une horreur! Trop fatiguées pour être difficiles, on s’endort mais au matin… "TOC, TOC ?!" Un garçon nous réveille à grands fracas et nous somme de partir sur le champs! Qu’a t-on fait?! Je descends à la réception. La grosse dame de l’accueil est hors d’elle. Nous avons dépassé le "temps réglementaire" et elle exige que nous payons les heures supplémentaires. "Pas plus de trois heures!" répète la femme sans cesse, "Vous avez occupé la chambre toute la nuit! Nous avons perdu des clients! Vous devez payer pour eux!" C’est alors que je comprends. Nous sommes dans un HOTEL DE PASSE ! Haha! Surprise! Sur le coup, on ne rigolait pas du tout. Il a fallu expliquer que nous ne savions pas, que nous étions désolées, que nous n’avions pas beaucoup d’argent, s’excuser encore, argumenter et finalement verser quelques larmes pour que la grosse dame, prise de pitié, nous laisse filer. Ouf !

Dans la même journée (il y a des jours comme ça, où l’on ferait mieux de ne pas se lever), je me ferais dérober, pour la deuxième fois, mon appareil photo. Bienvenido a Quito !

Le centre historique est magnifique, il faut quand même le dire. C’est à n’en pas douter une des plus belles villes d’Amérique du Sud que nous ayons traversée. L’affluence touristique en fait une ville relativement propre et animée. Spectacles de rue, centres d’art, musées, restaurants (à l’européenne), boutiques-souvenirs, la ville se veut attrayante. Toutefois, le patrimoine à lui seul suffit à attirer les foules. On dit que c’est à Quito, qu’il est le mieux préservé. Mélange d’art espagnol, italien, mauresque, flamand et indien, les églises témoignent de la domination coloniale. Cependant, dès que l’on s’éloigne du centre, la culture latino-américaine, libérée de toute entrave, reprend ses droits.

Quito-Ecuador

Notre séjour dans la capitale sera court. Le temps de voir les merveilleux monuments et nous sautons dans le premier bus qui nous emmène, cheveux au vent, loin de ce chahut ambiant. Ce qu’il y a d’incroyable en Equateur c’est que l’on peut passer, en très peu de temps, du maillot de bain au bonnet, de l’air opaque qui vous fait suffoquer au vent d’hiver qui vous fait rougir le nez. Par delà la vitre du bus les paysages changent si vite que l’on n’ose s’endormir de peur d’en perdre une partie. Mais ce qui fait la particularité de chaque parcelle de ce  pays, ce sont les us et coutumes aussi changeants et divers que les vents. Ainsi, nous arrivons dans une région où les habitants, hommes, femmes, fillettes et p’tits mecs, portent tous une longue natte dans le dos. C’est ici que nous nous arrêterons. 

Otavalo

La ville en soi n’a rien de particulier, si ce n’est que nous sommes (presque) au centre du monde, latitude 0°. La place principale accueille un immense marché d’artisanat. Pas de touristes en vue, ici les passants ont tous la peau couleur confiture de lait! Les tissus suspendus aux échoppes arborent des motifs qui nous sont inconnus. Sur le chemin nous rencontrons Alex, un colombien, artisan et musicien. Avide de partage et d’échange comme tout bon sud-américain, il nous propose tout de suite de rester quelques jours. Il habite à quelques kilomètres de là près de la fameuse cascade de Peguche. Curieuses nous le suivons. Arrivées en haut de cette colline dominant la vallée, c’est décidé: On reste! La casa de Mati, où Alex est hébergé, est une jolie maisonnette fraîchement bâtie (Offerte par le gouvernement! Merci M’sieur Correa!) Tout le monde y est le bienvenu pour 2 dollars la nuit à condition de mettre la main à la patte! En plus de Mati et sa famille, trois garçons vivent déjà ici: Alex, Felipe le colombien et Felipe le chilien. Pas beaucoup d’équatoriens me direz-vous…   Qu’importe la nationalité à vrai dire, tous les habitants de ce grand continent sont à rencontrer! D’ailleurs au cours de notre voyage, rares sont les personnes que l’on ait regretté d’avoir croisées. Qu’on se le dise!

DSCN4041

Accompagnées de ces trois musiciens nous avons passé de longues heures à marcher dans les hautes herbes, écoutant les airs qu’ils improvisaient. A trop rêvasser allongés dans les prés, nous nous sommes même laissés envelopper par la nuit. Le retour fut plus ou moins drôle…

Nourries aux humitas (galettes de maïs), abreuvées au  morocho (mote, cannelle & lait chaud), séance de yoga le matin sur le toit, balades aux grès des champs…  PURA VIDA !

Pacha

Allez assez flâné, il nous faut continuer! Suite et fin de nos aventures en Colombie!

Un avant goût de la colombie: http://www.youtube.com/watch?v=rUxO9abUfZQ

Retour aux racines

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parque Tayrona

La selva Amazonienne

     n L’aventure qui suit est un voyage à part entière. Après avoir quitté Riobamba, au nom plus chantant que ses rues, nous nous enfonçons dans la selva Amazonienne .. Au fur et à mesure que le bus, cahin-caha, pénètre dans la région la plus humide du monde, la chaleur nous enveloppe et s’installe peu à peu en nous.  Nous faisons une petite halte à Tena, dernière ville avant les villages qui accueillent la selva. Un bon tallarin, un délicieux plat composé de pâtes cuisinées aux légumes ou poulet, et nous partons rejoindre Puerto Missahualli. C’est ici que nous découvrons l’âme de  l’Equateur, l’Equateur des Quishuas (éthnie Equatorienne), l’Equateur des traditions et de la vie proche de la nature. Moins occidentalisée et plus authentique. Cela donne une autre facette du pays, il est donc important d’aller à la découverte de plusieurs régions d’un pays car c’est dans les campagnes que se trouve l’essence d’un peuple et non dans les mégapoles. La Nature apporte des repères qu’aucun objet électronique ne pourra remplacer. Comment certaines personnes peuvent-elles se passer de la nature et de ses multiples paysages ? Le bus continue sa route sur la terre battue. Les habitations se font plus simples et plus en harmonie avec la nature. Elles semblent faire corps avec leur environnement. Seules les taches de couleurs des vêtements suspendus ressortent entre les feuilles des bananiers. Nous arrivons en fin de journée dans Missahualli, un village d’à peine 800 habitants. Les peaux des habitants sont plus tannées par le soleil que dans les villes. Nous trouvons refuge près du rio Missahualli / fleuve d’où le village tire son nom, à moins que ce ne soit l’inverse ? dans un petit hôtel plein de charme, caché entre les bananiers et les hamacs. Nous sommes (bien) accueillies  -comme dans toute partie d’Amérique du Sud- par Eduardo, Equatorien et Ana, Russe. Margarita est leur adorable fille. Tout est de bon goût et arrangé avec soin. Notre chambre est coquette et nous avons une chaîne hi-fi ainsi que des cd à disposition !

Shiripuno

    n  Shiripuno

     n Après une bonne nuit dans la chaleur de la selva, sous une moustiquaire (!) , nous partons nous renseigner sur les excursions à faire. C’est là que nous  faisons la connaissance de Sixto pour la première fois. Il fait partie d’une communauté Quishua qui habite de l’autre côté du rio. Il a 19 ans et travaille déjà dans l’agence de tourisme de son oncle, Teodoro, mais voudrait passer son diplôme de tourisme à l’université. Ce secteur est très porteur dans ce pays ainsi qu’au Pérou. La communauté où il vit comprend 200 habitants qui parlent encore le Quisha, langue dérivée de celle que parlaient les Incas, il y 500 ans. Même si elle commence à se perdre à cause de l’influence de l’Espagnol et les départs vers les villes. Cette langue, antérieurement oral est maintenant enseignée à l’école primaire mais plus après. Les écoliers sont en uniformes, même ici, en la selva et les cheveux longs sont interdits pour les garçons. Il serait temps de modifier cette loi, nous ne sommes plus à l’époque de la conquistadora ! Les femmes de Shiripuno ont fondé une association pour mieux gérer l’argent du village. Elles vendent le résultat de leur travail artisanal: bijoux, objets de décoration et dansent les danses de leurs ancêtres. Quant aux hommes, ils sont guides pour des excursions dans la selva de leur enfance. Nous mangeons dans un des restaurants sur la place de Missahualli, aux prix touristiques mais aux jus de fruits frais et profitons de la tiédeur tard dans la soirée . Deuxième jour à Missahualli. Nous nous réveillons avec une superbe vue. La végétation est luxuriante et nous entendons l’eau du fleuve Missahualli couler en direction du Napo, qui lui se jettera dans le grand Amazone. Cette semaine c’est la fête car c’est la 43e  année de création du village. Je ne pense pas que l’ont ferait la fête à St-Prest pour sa 43e année de création mais ici tout est prétexte pour bouger et jouer de la musique! Nous rencontrons Matthias à un café, français toulousain d’origine Sénégalaise. Ne sachant pas ce qu’il voulait faire comme études, il est venu à Shiripuno comme bénévole, pour réfléchir. Pendant trois mois il va aider les jeunes de la communauté en cours d’anglais et d’informatique. Il paye 170 euros par mois pour le logement et les repas car l’association a peu de moyens. Je souhaiterai faire de même dans les années à venir ( Lucie). Ensemble nous allons assister au match de football -sport aussi populaire que dans les autres régions du monde- dont l’équipe du village réunit des joueurs de plusieurs communautés. Il y a des joueurs issus de la communauté Afro-Equatorienne comme celle-ci est plus importante en Equateur qu’au Pérou ou en Bolivie. Sixto faisait partie de l’équipe de Missahualli et se défendait bien. Il s’entraîne chaque semaine et ce fut un moment sympa de supporter une équipe dont on connaissait un joueur. En fin de journée il y eu une soirée qui nous permis de découvrir des danses indigènes. Les femmes Quishua utilisent beaucoup leur longue chevelure dans leurs danses. Elles gardent leurs cheveux noirs jais jusqu’à 60 ans environ. Pour les entretenir, elles les enduisent d’huile naturelle. Les danses se font généralement en cercle et sont assez répétitives. C’est incroyable de se dire que des danses de plusieurs milliers d’années sont encore vivantes et représentées par les nouvelles générations! Il y eu également l’élection de la miss Indigena. Une miss Afro-Equatorienne et une miss d’origine Espagnole sont aussi élues. Plus tard, ce sera salsa avec un groupe de musiciens. Toutes les générations se retrouvèrent et même la pluie ne les dissuada pas de s’arrêter.

paratoquilla

n     feuille de paratoquilla

      nCe matin, c’est parti pour l’aventure Shiripuno ! Nous partons en bateau à moteur avec Sixto. Dix minutes plus tard, nous arrivons dans le lieu où sont accueillis les touristes de passage et non dans le village. Il y a un restaurant sous une hutte traditionnelle en feuilles de bananiers, la boutique d’artisanat… mais tout est calme, il n’y a pas un chien. Puis Marina se montre, femme Quishua en leggings. Posée et heureuse de faire connaître sa culture, elle nous enseignera de nombreuses choses. Amélie, Française, est venue s’installer dans cette communauté après ses études en biologie et vit maintenant ici depuis six ans. Elle a rencontré Teo (l’oncle de Sixto), ils se sont mariés dans la tradition Quishua et ont eu deux enfants: Waira (qui signifie air en Quishua) et Yaku (qui signifie eau). Elle a sa place dans l’association.  Nous commençons notre journée par une promenade dans la selva environnante. Quel joie de se trouver dans l’espace naturel où poussent bananes, papayes et autres fruits exotiques! Avec nos bottes en plastiques -prêtées par Marina, pour échapper aux fourmis piquantes- souvenez-vous de ma joyeuse rencontre avec elles en Bolivie!  (Lucie), nous partons cueillir papayes, verdes, maduros (sorte de bananes) et des coques de cacao, eh oui le meilleur cacao vient d’Equateur ! Saviez-vous que la pulpe qui enveloppe les graines de cacao était délicieuse ? Venez la goûter! Lors de notre cueillette, Marina nous parle de sa vie. Elle eu la chance de ne se marier qu’à 25 ans car la plupart des filles se marient à 14 ans ici et ont leur premier enfant un an après !! Elle a mis au monde quatre enfants: Sandy, Katé, Pacha (qui signifie Fleur des Cascades …) et Tulan. La plupart des familles Quishuas ont 5 ou 6 enfants, comme la population pauvre du pays (schéma qui se reproduit dans les autres pays que nous avons traversés..) Son mari l’aide dans les tâches ménagères. Français, prenez-en de la graine ! Marina a 34 ans et sait faire du chocolat, construire une maison en feuilles de paratoquilla, connait des plantes médicinales… elle coupe les fruits à la machette -outil indispensable dans la selva- et nous montre comment fabriquer un toit en feuilles de paratoquilla, cette sorte de bananier aux multiples fonctions: constructions, sac pour porter des fruits, pagne (autrefois), bijoux.. Nous avons d’ailleurs eu chacune droit à un collier en feuilles tressées ainsi qu’une superbe couronne naturelle. Ah ! Si tu n’étais pas là, paratoquilla, il faudrait t’inventer. Maintenant, si on se retrouve seule en foret Amazonienne, nous savons au moins comment nous abriter ! Après ces présents, nous partons replanter des bananiers et du yuca / manioc puis rentrons avec tous nos vivres. Prochaine étape : la fabrication de chocolat. Pour faire sécher les semillas / graines, il faut d’abord manger la pulpe qui les entoure (étape obligatoire). Trois jours sont nécessaires pour faire sécher les graines au soleil. Il faut ensuite les faire griller, sur du charbon brûlant, c’est plus rapide, pour enfin les moudre. Ajoutez du sucre de canne, un peu de lait puis moudre une seconde fois. Dans de l’eau chaude, accompagné de fruits exotiques, vous obtenez un succulent dessert !  A midi, nous mangeons sur de larges feuilles de bananiers sous la grande hutte. Nous gouterons à notre chocolat maison : un ré-gal ! L’après-midi sera aussi remplie d’activités. Nous sommes rejoints par un groupe de touristes Equatoriens pour la présentation de danses Quishuas. Toutes les générations étaient présentes pour nous offrir un aperçu des danses traditionnelles. Pendant que certaines dansaient, une Quishua chantait pendant qu’une autre jouait du tambour. Les jeunes filles célibataires portaient des robes différentes. A la fin de la représentation, les danseuses invitèrent le public à venir participer. Ce fut une expérience vraiment émouvante que de plonger dans une culture jusqu’à partager les coutumes de la vie d’une communauté qui vit encore en harmonie avec la nature.  Avant de commencer, Marina nous a parlé en Quishua. Aucune ressemblance avec l’Espagnol, cette langue est très difficile à apprendre. Marina la parle avec sa famille et les autres membres du village. Alipuncha ! Bonjour !

Quishuas

  Une Quishua applique de l’achiote

n Un peu plus tard dans la soirée, Marie fera connaissance avec… une tarentule! Tombée du toit de paratoquilla -dont elles raffolent- une tarentule a frôlé l’épaule de Marie avant de s’échouer sur le sol. Une petite frayeur. Les Quishuas, eux, n’en ont aucunement peur. Pour preuve, il les font même venir sur leurs bras. Elles ne sont pas dangereuses si tu ne les repoussent pas violemment. On nous a proposé d’essayer… euh, une autre fois ? Puis nous nous approchons de la pierre sacrée. En l’observant, on peut remarquer les animaux de la culture Quishua qui s’y détachent: un puma, un poisson (le taquile), un oiseau… Marina nous fait écouter les différents bruits que produit le rocher à l’aide d’une pierre. C’est près de ce rocher que le Shaman fait ses rites et ses lavages. Il boit également l’ayahuaska, une boisson fermentée extraite d’une liane. Il a reçu un don lorsqu’il était petit et a tout appris tout seul. Il prend de l’ayahuaska deux fois par semaines mais c’est un breuvage très puissant. Certains touristes de passage veulent en prendre mais pour certains, cela ne se déroule pas dans le plus grand calme ! L’ayahuaska agit une heure après sa prise. Le Shaman est là pour t’accompagner quand tu auras des visions d’animaux (surtout d’anaconda), de ta famille, tes amis, tes proches qui sont décédés, peut-être même ton passé et ton futur. C’est pour cela que cela nécessite une préparation.  Pour les occidentaux qui vivent dans des sociétés coupées de la nature, il est encore plus important de rester vivre plusieurs semaines dans une communauté pour tenter de comprendre cette culture différente de la notre avant de prendre l’ayahuaska. De nos jours, peu de Quishuas en prennent régulièrement mais plus lors d’occasions particulières comme pour faire une demande à la PachaMama ou lors d’un vol dans le village. Sixto en a pris lorsqu’il avait 18 ans mais n’a pas souhaité nous en dire plus. Nous trois, on ne se sentait pas encore tenter l’expérience. Puis on confectionna des bijoux avec l’aide de Marina et on fût toutes fières de notre petit travail. Enfin, on se mis dans la peau de chercheuses d’or.. qu’on trouva ! Bon, d’accord, des poussières d’or mais de l’or tout de même. C’est très fatigant pour le dos et il est difficile d’imaginer qu’à une certaine époque, les gens cherchaient de l’or toute la journée! Il faut être très patient car pour obtenir un gramme, il en faut des poussières! En 2012, le gramme d’or vaut $30 mais il en valait $50 il y encore quelques années. Les Quishua pratiquaient, avant, cette activité mais de nos jours, le tourisme est plus épanouissant, abîme moins le corps et rapporte plus. Esta noche / cette nuit, nous campons sous une hutte de feuilles séchées. Quelle belle sensation de se réveiller dans la selva, le soleil qui réchauffe, déjà. Après un petit déjeuner composé de salade de fruits et d’œufs brouillés, nous faisons la connaissance de Walter, 14 ans. Il en parait beaucoup moins car il a souffert de malnutrition. Mais il n’a pas peur des animaux de la selva et se promenait avec … un bébé boa ! Avec un scotch autour de la gueule mais tout de même.  J’espère recroiser un jour la route de Walter ! Pour notre dernière nuit dans cet endroit si magique, nous danserons autours d’un feu, avec d’autres Français, aux sons des musiciens Quishuas qui nous jouerons leurs plus jolies mélodies Indiennes à la guitare et au violon..

 

 

 

Ecuador nous voilà !

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Chez Sara et sa famille, Guayaquil

Chez Sara et sa famille, Guayaquil

Après les magnifiques et épiques expériences péruviennes, nous arrivons en Equateur. Autre pays, nouvelle ambiance, la moiteur s’installe, les Caraïbes se font sentir..

Tumbes, c’est la porte d’entrée de l’Equateur. Nous dépensons nos derniers soles avant de passer aux dollars et choisissons Cuenca comme première étape équatorienne. Bon choix disent les guides "c’est la ville la plus charmante du pays!" et ils n’ont pas tord! Une cathédrale rose bigarrée, une place pleine de végétation, des bâtiments coloniaux à foison, le centre est vraiment historique. Cuenca est un peu la Cuzco équatorienne. Beau compliment. L’hôtel qui nous est conseillé par un taxi-driver est comme une grande maison: belles salles-de-bain, belle cuisine, salle TV spacieuse avec une collection de dvd, des serviettes qui sentent bon… quel luxe ! $7 la nuit quand même mais les repas ne sont pas chers ici. Nous flânons dans les rues et passons, traditionnellement, à l’office du tourisme. Cette année est la 455è année de création de la ville (soit en 1557!). Il est donc organisé toutes sortes de manifestations culturelles: danse traditionnelle, danse sportive, épreuves de natation, expos, musica electro, musique classique… Nous irons assister à des danses trad très entraînantes. Après Marie, c’est au tour de Lucie de perdre (d’oublier) son appareil photo ! Elle part donc de bon matin à la recherche d’un commissariat dans cette grande ville qu’est Cuenca. "Allez à sept cuadras; allez à l’université! ; allez dans un autre service! ; montez d’un étage.. tout cette ballade pour.. rien. Bienvenido en Ecuador ! Pour se revigorer après cette désastreuse aventure, quoi de mieux qu’une petite danse ? C’est donc parti pour la discothèque du quartier animé (où on nous demandera nos passeports, que nous n’avions pas et on nous laissa entrer.) Belle soirée.Vive la musica latina ! Nous sortons du club qu’à deux heures du matin à cause de la nouvelle loi qui a raccourci l’heure de fermeture des clubs. Un peu tôt. C’est l’heure à laquelle sortent les argentins ! Nous partons de l’hostal Posada del rio où nous avons été hébergé avec grand comfort. Un saut dans un bus et nous voilà en partance pour Guayaquil où se trouvent les plus belles plages du continent entero !

Nous arrivons dans la plus grande ville d’Equateur -aussi peuplée que Paris- mais pas la plus jolie. Nous sommes accueillies par Bruno, frère de Sara, couchsurfeuse. Il a vingt ans, son permis et déjà un boulot! Il travaille dans l’entreprise de climatisation de son père. Etant donné que le climat est de 25° à 40° toute l’année, les affaires marchent plutôt bien! Bien que l’Equateur soit plus riche que le Pérou (qui n’a pas de pétrole), le salaire minimum est 100 euros en Equateur quand il est de 250 euros au Pérou. L’éducation y est très mauvaise et lorsque les gouvernements l’auront compris, nous aurons fait un pas. Les écoles privées sont trop puissantes faces aux écoles publiques. Sur les deux facs publiques de Guayaquil, une est corrompue. Et personne ne fait rien! Il faut payer les professeurs pour obtenir son diplôme ou augmenter ses notes. Qu’est-ce qu’on entend ? La seconde fac publique, où étudie Sara, est réputée dans plusieurs pays mais la sélection est très rude. Elle va bientôt recevoir son diplôme d’ingénieur mécanique, au bout de 5 ans d’études, qui correspondent à notre licence. Nous sommes accueillies comme des princesses par la famille Guerra (qui porte mal son nom). La maison est vraiment grande, nous sommes chez une famille aisée. Une femme de ménage vient chaque jour! Le premier soir, les parents nous invitent au restaurant. Restaurant typique où nous goûtons pour la première fois au patacon, fait de verde, légume vert en forme de banane qui se mange cuit. Délicieux! La ville possède tout de même un quartier un peu plus historique que le centre moderne et terne: Las Penas. Coloré et rénové, c’est un endroit coquet. Dommage que le centre n’ai pas le même caché! Nous voudrions rester plus de temps avec cette famille adorable mais la ville a peu à proposer. Bruno, le père (aussi) a beaucoup d’humour et la maman a autant de gentillesse. Nous irons à la plage, quand même! La température le permet allègrement puisque le thermomètre affiche plus de 30° ! Nous partons à six dans la voiture à Manoche, le copain de Sara, le rock à fond. Arrivés sur place, nous trouvons une plage déserte avec quelques petites paillottes. Nous sommes avec des habitués, ils connaissent donc les coins tranquilles. Nous profitons de l’ombre car le soleil fait son gros dur. Les vagues sont fortes elles aussi mais c’est une joie de se baigner ! De petites méduses nous dissuaderont d’y retourner. Plus tard nous irons dans un restaurant mais les crustacés ne sont pas les meilleurs aux pieds de l’eau !
Nous remercions la famille Guerra pour leur chaleur et leur accueil en leur offrant un camembert français et quelques présents. Nous quittons à regret la famille et Jesus, l’aide de maison, très gentille elle aussi. Riobamba, nous voila !

Ici, nous avons également une adresse de couchsurfer. Fausto a 40 ans et c’est lui qui nous a contacté pour nous inviter chez lui. Il travaille pour la ville comme photographe et il nous apparait tout de suite chaleureux. Nous sommes accueillies par un ami à lui, Washington, qui a vécu au Canada et nous accueille par un "How are you ?" . Chez Fausto, c’est un peu en travaux mais l’essentiel est l’hospitalité. Et là nous sommes servies! Par contre la ville a peu d’intérêt mais nous allons quand même dans un des nombreux karaokés (aussi populaires qu’en Bolivie). Marie et Lucie poussent la chansonnette mais chanter avec un micro n’est pas très évident. On aura bien rigolé! Plus tard, lors d’une ballade dans le centre, nous assistons par hasard au défilé de l’école publique polytechnique de Riobamba. Défilé qui ne se fait pas en jean mais en costumes traditionnels et …en danse! Danse des Quishuas (à ne pas confondre avec les Quechuas du Pérou qui ont une langue et des coutumes différentes) , des Afro-Équatoriens, des Espagnols de l’époque coloniale, des Puras (natifs d’Equateur).. Des musiciens étaient présents ainsi que les professeurs et leur plus beaux tailleurs. Les reinas/ miss apportaient quant à elles la touche américaine. Le concert en plein air, tout le monde pourra en profiter, comme une sorte de bal. Le dernier jour, nous le passons dans un petit village environnant où fut construite la première église du pays! Marie, courageuse, goutera aux larves présentent dans la tuva, sorte de noix de coco utilisée comme bijoux et objet de décoration. Marie (toujours courageuse) et Luce mangeront aussi du cuy, sorte de hamster un peu caoutchouteux!
Nous partons de Riobamba sur la pointe des pieds pour ne pas réveiller notre hôte et à nous la selva !

Lucie

Machu Picchu!

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Étape incontournable, notre passage au Machu Picchu était prévu de longue date! Le site classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO depuis 1983 est aussi une des 7 nouvelles merveilles du monde. Quand on sait que des 7 merveilles du monde antique il ne reste que la pyramide de Khéops, il n’était pas question de passer à côté de celle-ci qui pour l’instant est toujours debout! Direction donc Cuzco, capitale inca et point de départ de toutes les excursions en partance pour le Macchu Picchu. Avec l’arrivée des colons, au XVIe siècle (1536), toute l’architecture inca a été remplacé par le style espagnol. Il ne reste que quelques pans de murs construits par les incas et qui résistent inlassablement aux changements d’époque. Toutefois, il faut dire que la ville est superbe parée d’attraits hispanisants! Les petites rues pavées serpentent pour épouser à la perfection le relief escarpé. Les façades des maisons blanchies à la chaux renferment palais et villas coloniales, petits bijoux d’architecture, de même que les nombreuses églises. A l’apogée du christianisme, les espagnols ont bâti la somptueuse et imposante cathédrale, Notre Dame de l’Assomption de la Très-Sainte-Vierge (rien que ça!). Puis aux quatre coins de la ville ont été érigés les édifices religieux postés en sentinelles comme pour contrôler les ferventes civilisations indigènes soumises alors à l’esclavage.
Nous arriverons au petit matin avec la rosée blanche. La Plaza de Armas est alors déserte et d’un calme surprenant. Nous retrouvons notre couchsurfeur, Chalex, qui tout de suite nous conseille sur les expéditions et nous met en garde contre les arnaques (on ne compte plus le nombre de gens qui paient pour une excursion qu’ils ne feront jamais). Finalement, nous choisirons l’Inca Jungle Trail, formule sportive de quatre jours dans la jungle mystique du Machu Picchu. Il nous en coûtera 180$ mais malheureusement on trouve difficilement moins cher… C’est partie!

Premier jour: Rencontre avec Aurelio qui sera notre guide pendant ces quatre jours et du reste du groupe qui se compose d’une irlandaise, deux anglais, un australien et quatre suédois. Tous se révèleront très sympathiques au fil des jours. En bus, nous quittons Cuzco pour le sommet le plus haut du massif montagneux. De là, dans un brume épaisse, nous détachons les vélos du toit et commençons la descente jusqu’au fleuve. Au point de départ, il fait assez froid et impossible de voir à plus de 10 mètres. Petit à petit, le brouillard se disperse. La dense végétation apparait par alternance. Puis vient la pluie… Des trombes d’eau! Avec la vitesse, pour le coup, on ne voit plus rien du tout. On continue notre descente, traversant ruisseaux et torrents. Inutile de vous dire que nous sommes littéralement « en eau » . Mais c’est ça l’aventure, on ne maîtrise rien. Au bout d’une heure et demi, la pluie s’arrête et le soleil, enfin, étend ses rayons par monts et merveilles. L’air devient de plus en plus épais. Nous voilà dans la forêt tropicale. Nous avons perdu de vue le guide qui est loin devant et le reste du groupe. Les pieds loin des pédales, nous dévalons la montagne, cheveux aux vents, sourire aux lèvres. Quand soudain… une mare de boue nous barre la route. Pour la traversée, nous devrons nous y enfoncer jusqu’au mollet. Heureusement, une fois de l’autre côté nous sommes arrivées! Quelques touristes râlent, nous, on rigole. Comment ne pas rire devant nos visages terreux et nos vêtements recouverts de boue? Pour finir, nous prendrons le bus jusqu’à Santa Maria où nous passerons la fin d’après-midi à regarder la pluie tomber, en attendant désespérément que nos habits sèchent.

Deuxième jour: Au lever du jour, mauvaise surprise: Lucie est très mal en point. Impossible pour elle de prendre part aux huit heures de marche qui nous attendent. Nous partons donc, Anna et moi, tandis que Lucie est véhiculée directement au campement du soir. La première heure de marche est assez rude. L’humidité de l’air nous fait suer à grosses gouttes. La brume enveloppe encore la montagne, nous empêchant de profiter du paysage. Le guide avance à bonne allure et nous essayons de suivre son rythme tant bien que mal. Enfin, une pause! Pendant que nous reprenons nos esprits, Aurelio s’affaire avec un tas de plantes autour de lui. Il nous apprend qu’ici on cultive le café, toutes sortes de fruits et la fameuse coca! D’ailleurs, il nous offre de partager ensemble ces feuilles. Additionnées avec un catalyseur à base de cacao, l’effet est impressionnant! Anesthésie totale de la bouche et une soudaine énergie dont on avait grand besoin! Ensuite, nous sommes peinturlurés avec des pigments naturels et habillés traditionnellement. Le temps d’une photo et c’est repartie! La coca nous donne des ailes et nous sortons des nuages pour dominer la vallée. La vue qui s’offre à nos yeux, nous laisse sans voix. Nous continuons, longeant la falaise abrupte de la montagne. Pause déjeuner au milieu des bananiers puis nous repartons à travers la jungle. Nous longerons toute la journée le fleuve, tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, traversant au moyen d’une nacelle hissée sur un câble entre les eaux ou par l’intermédiaire d’un pont, plus ou moins solide. Pour finir en beauté, passage par les sources chaudes! On s’y laisse couler sans plus bouger. Seules nos pensées émergent et vont se perdre dans les paysages qui nous entourent. Une heure plus tard, on retrouve Lucie à Santa Theresa qui va beaucoup mieux. Repas très convivial avec à notre table trois nouvelles arrivantes dont Lai, une jeune taiwanaise très sympathique. Le soir nous sortons danser. Même au plus profond de la jungle, tant qu’il y a de la musique et un lieu pour danser, l’Amérique Latine saura toujours vous prendre dans son rythme effréné.

Troisième jour: Au programme, six heures de marches et le Machu Picchu en vue. Nous avançons accompagnées du tumultueux fleuve à nos côtés. Les paysages changent en fonction de l’altitude. Cuzco était à 3400m et maintenant nous ne sommes plus qu’à 2400m (2438m pour le Machu Picchu). L’après-midi, nous quittons le chemin inca pour suivre la voie ferrée du fameux Perùrail. C’est l’unique route qui mène à Aguas Calientes dont l’on grimpe au Machu Picchu. Du coup, nous ne sommes plus seuls sur la route mais la partageons avec tous ceux qui ne prennent pas le train (honteusement cher). Suivre des rails devient vite lassant surtout quand l’on sait que notre objectif se trouve tout près. En marchant le nez en l’air, on aperçoit parfois quelques pierres qui redonnent un peu de force. Le Machu Picchu est juste au-dessus de nous! En fin de journée, nous arrivons exténués au pied du "Vieux Sommet" (= Machu Picchu). Aguas Calientes se compose principalement d’hôtels et vous n’y croiserez pas beaucoup d’autochtones, mis à part ceux qui tiennent les restaurants et les boutiques souvenirs. De là, vous pouvez monter au Machu Picchu soit en bus, soit par le petit escalier construit par les incas eux-même. Lucie qui n’était pas tout à fait remise, prendra le bus mais Anna et moi décidons de suivre le chemin inca jusqu’au bout. Nous hésiterons beaucoup car notre état de fatigue est immense. Mais maintenant que nous y sommes, en route!

Dernier jour: 3:45am le réveil sonne. Nous sommes les premiers devant la grande porte de fer qui clos le pont. La nuit d’ébène nous impose le silence. Nous grignotons une barre de céréales. Maigre petit-déjeuner mais psychologiquement, on se sent d’attaque. Après deux jours de marche, il ne reste maintenant plus que quelques marches (soit plus de 400!) avant d’atteindre notre objectif. J’ai beau lever les yeux au ciel, je ne distingue strictement rien. Pourtant, elle est là cette montagne et tout en haut un des plus beaux sites du monde. 5:00am. La grande porte s’ouvre en grinçant. Il y a maintenant une cinquantaine de personnes qui attendent comme nous. Rangés en file indienne, nous présentons nos passeports et nous voilà lâchés dans l’obscurité. Anna allume sa lampe frontale, elle sera ma lumière car la mienne ne marche plus. Nous traversons le pont main dans la main. La forêt est là qui nous enveloppe. Nous trouvons vite le petit escalier inca(..des énormes marches en pierre!)où quelques personnes se sont déjà engagées. Le chemin est trop étroit pour s’y tenir côte à côte. Nous commençons donc l’ascension tous à la queue leu-leu. C’est magique à voir. Seules la lumières de lampes frontales brille dans la nuit. On dirait une procession de lucioles. Nous grimpons lentement mais surement. Personne ne parle pour économiser son souffle mais les sourires sont là. (Du moins, il faut l’avouer Marie, nous avons durement grimper, en sueur, et nous nous sommes arrêtées plus d’une dizaine de fois) Au bout d’une heure, le soleil étire ses rayons et nous apercevons enfin l’arrivée. Que de monde à l’entrée! Le reste du groupe retrouvé, nous entrons dans la ville inca et là… Le souffle nous manque pour dire quoi que ce soit mais WOUA! La cité semble flotter sur un nuage de brume. Finalement, il y a peu de gens contrairement à ce que l’on pourrait s’imaginer. Les murs de vieilles pierres s’étendent par delà l’herbe tendre. C’est un dessin fait de vert et de gris. Seuls les ponchos des touristes forment des tâches de couleurs. Bien sûr, on avait vu des photos avant de venir mais une fois qu’on y est c’est autre chose. Pour faire plus "typique", des lamas ont été amenés sur le site. Il faut dire qu’ils sont très photogéniques! Nous avons droit à un cour d’histoire puis Aurelio nous dit adieu. Nous continuons seules notre exploration du lieu. On aurait aimé voir un brin de soleil, ne serait-ce que pour les photos mais le brouillard qui ne nous quitte plus. Au détours d’un chemin, je me perds et tombe sur un lieu peu connu: le pont de l’inca, qui se trouve à 20min du site. On y accède par un sentier des plus étroits qui borde la falaise. Le pont lui est fait de deux gros troncs d’arbres posés au dessus du vide. Je vous déconseille fortement de tenter la traversée! (Marie a failli y laisser sa peau en fait!) Le soir, une dernière surprise nous attend, notre trek comprend une partie du voyage de retour… à bord du Perurail! De retour à Cuzco, nous retrouvons notre petite pension à 10 soles (3Euros), calle Pumaqurco. Nos courbatures et nos bleus importent peu, notre tête, elle, est maintenant pleine de merveilles!

Cuzco, nous retiendra quelques temps encore. Durant une semaine, nous ferons le tour du cadran. Comment avons-nous tenu le coup? Mystère… Ce qui est sûr, c’est que cette ville sait recevoir et qu’il faut une bonne dose de volonté pour la quitter. Musées, églises, restos, bars, nous l’avons arpenté de tous côtés, rencontré de belles personnes, encore. Merci à Willy de nous avoir fait groover, à Léon de nous avoir paré de lumière, à Martin & Manuel de leur agréable compagnie, sans oublier Boris, simplement unique.

Arequipa, Lima, Trujillo, viva Peru !

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Arequipa, la ville blanche

Nous passons la frontière péruvienne sous le soleil. C’est comme si le pays nous souhaitait la bienvenue ! Encore un nouveau territoire à découvrir, de nouveaux partages, de nouveaux paysages et de nombreuses aventures à venir! Nous traversons Puno, près de la frontière, en quelques heures car les prix touristiques nous font fuir, si loin des prix boliviens ! Nous prenons un autre car de nuit et allons directement chez Fernando, couchsurfer qui nous répondi aussi vite que Speedy Gonzalez et qui habite proche du centre d’Arequipa, la ciudad blanca (la ville blanche). Nous pourrons discuter en anglais avec lui comme il est jeune professeur d’anglais ainsi qu’avec Johannes, charmant voyageur autrichien. Nous serons logées dans un bel appartement avec salon, grande cuisine et eau (vraiment) chaude! A peine arrivons nous qu’il nous propose de cuisiner un plat typique du Pérou. Nous acceptons avec plaisir! Nous découvrons les papas a la huancaina (sauce péruvienne) avec des pommes de terre puis viande aux petits oignons, c’est le cas de le dire! Nous nous sentons tout-de-suite chez nous dans cette maison!
Nous découvrons Arequipa, la deuxième plus grande ville du pays. De belles églises, très travaillées et de nombreux patios. Tout est bien rénové, cela nous change des villes boliviennes. Fernando, avec sa gentillesse nous propose de nous emmener au mirador. Nous y allons accompagnés du soleil, qui ne nous quittera pas durant toute la durée de notre séjour au Pérou. La ville est entourée de colline comme les villes boliviennes et dans toute l’Amérique du Sud. Nous goûtons là-haut une spécialité : le queso helado / fromage glacé qui n’est bizarrement pas fait de fromage mais de lait, fruits, noisette et glace. Rafraîchissement garanti ! Fernando avec Johannes et une amie nous feront découvrir les clubs de la ville et nous irons au cinéma, en espagnol évidemment! Nous déambulons dans les ruelles arequipenas et la chaleur qui colle à la peau quand, j’aperçois une affiche annonçant la venue du ballet de Beijing, Chine, au théâtre municipal. Et l’entrée est gratuite! Ce sera notre deuxième spectacle après celui que nous avons vu en Argentine. Nous découvrons toutes trois les danses Chinoises, Népalaises, Tibétaines et Mongoles avec des yeux écarquillés face à tant de délicatesse, de poésie, de costumes chatoyants et de musiques enivrantes! On vit même les danseurs chinois danser la danse typique péruvienne, la marinera. Le public, fier de son patrimoine, s’envola dans des applaudissements qui accompagnèrent le rythme enlevé de la chorégraphie! Une soirée riche en découvertes. Un spectacle apporte toujours une grande joie! Le dernier jour nous faisons la connaissance d’une nouvelle étrangère qui vient chez Fernando, Lidy, canadienne. Elle vit en Suisse depuis plusieurs années. Vive les échanges! Nous irons ensemble dans un petit village alentours puis devrons continuer notre route ! Nous serions bien restées mais le temps nous rappelle à l’ordre!

Cuzco et le Machu Picchu (voir prochain article)

Lima, la capitale colorée

Nous prenons un sandwich avant de partir pour un trajet de … 22 heures !! La route qui sépare Cuzco de Lima n’est pas si longue mais sinueuse. On s’est demandé si on arriverait un jour! Ce sera notre plus long trajet en bus. Le paysage sera sec et désertique mais majestueux! La route tortueuse se fera oublier grâce aux films passés dans le car et nous arrivons un peu dans du coton à Lima, la capitale. L’océan Pacifique nous saute aux yeux et nous découvrons la ville par ses plages luxueuses et organisées, sans charme apparent mais après le luxe des cotes, Lima se dévoile sous un jour plus sombre, les multiples maisons non terminées ressemblant à celles des banlieues boliviennes. Le bruit incessant des klaxons nous réveillent et nous mettrons une heure pour atteindre le terminal. Chose rare mais qui arrive, nous n’arrivons pas à contacter notre couchsurfer. Nous dormons donc dans un hôtel 2 étoiles conseillé par des jeunes péruviens. L’hôtel s’avère être un véritable musée, plein de tableaux et sculptures de tous horizons!
Nous sommes à la bonne période, c’est le mois de la biennale de photographie (ce qui ravi Anna!) Nous profitons donc des nombreuse expositions gratis et de très bonne qualité! Nous visitons aussi la maison de la littérature située dans un grand bâtiment colonial. Elle nous apprend qu’il y eu une élite Inca (après l’empire Inca 1200-1530), ceux qui acceptaient de renoncer à leur langue et leurs rites et des pièces de théatre en Quechua furent créées, dont celle relatant la triste mort d’Atahualpa, le dernier empereur Inca. Nous continuons notre voyage photographique et c’est un feu d’artifice visuel! Des bouts de ciel, un morceau de soleil, les sourires des paysans péruviens déteignent sur nos visages… d’autres expos sont plus noires, avec une photographe qui relate la corruption péruvienne des années 80 aux années 2000! Il en résultat beaucoup de meurtres, de disparitions et une triste alliance avec le Sentier Lumineux, groupe terroriste qui prétendait "aider" la population mais qui enrôlait les plus pauvres et les plus vulnérables. Puis nous voyons d’autres photos, reflétant des aspects positifs de la société péruvienne actuelle avec l’initiative de multiples associations qui aident les jeunes, les handicapés et les prisonniers. Des images d’une grande sensibilité qui nous montre que le Peru n’est pas qu’un pays pauvre mais aussi un pays où vivent des personnes qui s’entraident.
Nous retrouvons Henry, jeune couchsurfer de 24 ans. Il habite avec son père et une de ses 6 soeurs. Il nous emmènera voir el Parque de las Aguas Magicas, parc de jeux de lumière sur des installations aquatiques, original. Nous irons aussi découvrir avec lui les quartiers Miraflores, station balnéaire peu charmante et Barranco, lieu qui possède beaucoup plus de caché et une architecture coloniale. Je prendrais un cours de danse contemporaine dans une université privée (donc très bien entretenue). Un cours énergique et de qualité! Ce qui donne envie de reprendre la danse tous les jours! Nous découvrons les talents culinaires de notre couchsurfer qui nous cuisine un plat typique péruvien: aji de gallina / purée à la poule, au pain et parmesan. Délicieux, on tachera de vous le faire goüter, sans vous garantir le résultat ! Un soir nous sortirons avec Henry et ses amis et ils confirment le talents des sud-américains dans la danse .Salsa, bachata, ils nous feront valser comme des pros! Nous les quittons et quittons la ville pour une autre destination: Trujillo !

Trujillo, Huanchaco ou la côte péruvienne

Nous sommes brusquement réveillées par la compagnie de bus après dix heures de trajet. Les façades bigarrées et coloniales font de Trujillo une ville agréable et pleine de charme. Nous nous installerons pour quelques jours dans un hotel 3 étoiles car les gérentes sont des amies de Mado, la tante d’Anna et moi, merci Mado ! Après avoir flâné dans les ruelles chaudes de Trujillo, nous partons pour une visite d’un temple Chimu (900-1470), peuple qui vécu pendant le règne les Incas (1200-1536) et plus longtemps. Nous commençons par une visite d’un temple. Assez expéditive mais intéressante. Puis nous irons dans un palais Chimu où se réunissait régulièrement une partie de la population habitant à Chan-Chan, qui comprenait 500 000 habitants! L’espérance de vie était de 65 ans (soit plus que certains pays africains actuellement!) Les Chimu vénéraient la lune et non le soleil comme les Incas ou les égyptiens, car elle peut être aussi bien présente le jour que la nuit, contrairement au soleil. Une petite leçon d’histoire sudaméricaine à laquelle nous n’avons pas droit en France.

Nous n’avons pas beaucoup de mal en arrivant à Huanchaco à trouver un petit hôtel bon marché et cosy. Et c’est direction la plage, les pieds sur le sable chaud et les yeux sur l’eau… le soir même, nous discuterons avec un groupe d’australiens, d’anglais et de suisses! Un des jeunes australiens fait un tour du monde d’un an et demi, seul, de l’Amérique du Sud à l’Asie en passant par l’Europe. Une soirée sous le signe du partage! Nous frolerons l’océan de nos pieds, mais si la chaleur était au rendez-vous, trop présente même, la force des vagues nous empecha de rentrer dans l’eau ! ce sera pour bientot!

Le prochain épisode vous emmènera dans la selva péruvienne au Machu Picchu ! Bon voyage !

Un tourbillon de gourmandises

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Il est environ 4h du matin, et notre arrivée á La Paz reste pittoresque. Nous dormons á même le sol, dans une petite cour commune á plusieurs habitants, grace á l’invitation d’une jeune femme. Celle-ci est partie dormir en nous laissant comme des penauds. Et la pluie rajoute á ce triste spectacle un air de "galère". Finalement, les "semi-cama" des bus ne sont pas si mal ! Aprés 2h de semi-sommeil, nous nous réveillons, des cartons sur le dos. Une dame a eu pitié de notre cas. Nous partons sous la fraicheur du petit matin et le brouillard qui engorge la capitale, á la recherche d’une auberge. Installées dans un lieu agréable, nous y passerons d’ailleurs plusieurs jours. La Paz se montre tel un dromadaire, avec ses rues grimpantes (que l’on apprécie plus de redescendre) de ces ruelles aux multiples magasins artisanaux, de son choix incroyable de bars, de restaurants exotiques, mais surtout de personalités. Nous ferons plusieurs belles rencontres, toutes trés différentes et apportant un éclat durant notre séjour "assez" prolongé. En effet, nous nous dégoterons par chance un boulot pour deux semaines dans une boutique d’artisanat ressemblant á la caverne d’Ali Baba. Pas trés difficile de trouver surtout quand une boutique sur deux recherche quelqu’un!

Avant de prendre un rythme régulier, nous choisissons de partir á la découverte de Coroico, petit village dans les hauteurs de la jungle. Un peu de calme, de chaleur et de verdure nous changeront de La Paz. Sur le chemin, nous faisons la connaissance d’une jeune femme qui, connaissant le coin, nous propose une nuit chez l’habitant pour seulement 1 euro. Quand nous découvrons ce petit endroit loin de tout, nous restons clouées. Les paysages qui l’entourent y font pour beaucoup. Nous y passerons seulement une nuit et repartirons le lendemain, mais le peu de temps que nous y resterons nous suffira pour découvrir les alentours, manger au marché pour peu cher, rencontrer des francaises, un argentin et un américain et partir en route pour Tocaña, le village afro-bolivien d’en face, á environ 3 heures de marche. Nous rentrerons lamentablement, sans avoir réussi á trouver le bon chemin pour arriver au village.

De retour dans le bourdonnement de la capitale, nous commencons le jour suivant á travailler. Nos journées, de 9h á 19h30 sont plus que remplies et nous nous activons ardument á nos taches: plier les innombrables pantalons, gilets, écharpes, ranger les sacs, les objets, les hamacs, les bijoux pour que nos chers clients dérangent tout la seconde qui suit. Plus de 90% d’ailleurs sont des israéliens, nos patrons sachant parler l’hébreu á leur plus grand intéret! Et peu á peu, nous aussi apprenons quelques mots et sympathisons donc plus facilement. Nous passerons d’inoubliables moments avec les jeunes filles travaillant avec nous, les enfants de nos patrons avec qui nous jouerons les nourrices ainsi que les gens alentours, telle Gwladys, la patronne du chouette resto’ d’á coté aux délicieux croissants au chocolat. Et ce sera par hasard, dans ce lieu convivial, que nous ferons la rencontre de Sara et Raphael, deux supers francais avec qui nous partagerons une fondue au fromage et une autre au chocolat et finirons notre soirée á danser au fameux Hardrock café, LE bar-discothéque que nous ne lacherons plus! Durant ce séjour á La Paz, nous aurons le temps de faire la connaissance de plusieurs jeunes boliviens qui nous ferons découvrir la ville et ses trésors, mais surtout les nuits oú tous les chats sont gris et dansent sur les rythmes latinos. Pour changer d’air, la Valle de la luna nous emmenera sur une toute autre planéte avec ses incroyables piques coniques couleur créme sortis de terre. A la fin de nos deux semaines de travail acharné, qui furent plus pour l’expérience que le salaire (38 euros pour 60h par semaine!) nous partons, á notre tour, les bras chargés. Copacabana est notre prochaine destination!

Progressivement, á travers la vitre du bus, le lac Titicaca se dessine sous nos yeux. Effectivement, ce célebre lac est d’une incroyable immensité. Nous posons pieds dans le petit village adorable de Copacabana en fin de journée. Le coucher de soleil illumine l’église d’un blanc immaculé. A l’angle de la rue, nous nous trouvons un hostal pour y dormir le temps de quelques nuits. Nous découvrons Copacabana, endroit agréable, calme, oú une foule de petits artisants viennent y vendre leurs créations. Aprés la capitale bruyante, cela nous fait un bien fou de longer les bords du lac, de respirer l’air doux de cette derniere destination bolivienne. Nous allons a l’isla del sol, á 2h de bateau. Nous la visiterons pendant les 3 heures de chemin qui nous rameneront á notre bateau de retour. Nous verrons des paysages á vouloir prendre son envole. Et toute cette étendue d’eau turquoise et mystérieuse nous entourant, nous submergera d’une sensation d’infini, tout au long de notre marche. Notre derniere soirée á Copacabana restera inoubliable : aprés un chouette resto’, une panne d’électricité sur toute la ville nous obligera á rentrer dans le noir, les pieds hésitants face aux obstacles insoupsconnés. Nous retrouverons les joies de la bougie !

Nous nous dirigeons maintenant de l’autre coté du lac Titicaca, vers un nouveau pays: le Pérou.
Nous n’attendons rien de lui, peut-etre attend-t-il quelque chose de nous ?

¡La vida es un carnaval!

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¡Extranjeros, bolivianos, jóvenes, viejos, locos, bienvenidos a Oruro!

Nous voici au beau milieu du troisième plus grand carnaval du monde. En 2009, il est proclamé "Chef-d’oeuvre du patrimoine oral et intangible de l’Humanité" par l’UNESCO. C’est parti pour quatre jours de folie!

Le carnaval est déjà commencé depuis un mois en Bolivie, mais le coeur des festivités, c’est ici et maintenant, à Oruro, obviamente! Nous ne devions pas y aller mais le hasard a mis sur notre chemin, Inti, mi-bolivien, mi-francais, qui nous a offert l’opportunité d’être logées là-bas. Nous y avions renoncé à la vue du prix des rares logements disponibles. Finalemement, nous voilà hébergées dans une école de quartier, réaménagée pour l’occasion. Nous dormons sur des petits matelats mais il y a de l’eau chaude dans la baignoire, le lieu est propre et rempli de personnes sympathiques. Beaucoup de français en réalité. Nous retrouvons Inti, en compagnie de son frère, Pierre, et de sa soeur, Clara, venue avec son amie Lucie. Les deux filles ont notre âge et la même vision du voyage. Et en plus elles viennent de Rennes! Nous passerons de super moments avec elles au cours de ces quatre jours et plus encore…

Jeudi: Ouverture des festivités

Pour le premier jour, toutes les différentes communautés boliviennes défilent en costumes traditionels. Certaines viennent même du Nord de l’Argentine ou du Pérou. A chaque communauté (ou fraternité) sa danse. Et ça saute et ça tourne, ça virevolte aux sons des fanfares qui accompagnent chaque groupe. Les costumes sont magnifiques! Beaucoup de couleurs mais sans trop d’artifices. Comme le défilé n’est pas encore très organisé, nous pouvons nous joindre aux danseurs et les accompagner jusqu’à la Virgen del Socavón, point final de la procession. La nuit tombée, la saoulerie commence. Tout le monde boit et pas que de la bière! De l’alcool à 90º! Autant vous dire qu’ils n’ont pas fini de danser! Au moins, ça réchauffe, car ici il fait un froid glacial. Avec ou sans alcool, il vaut mieux danser si l’on ne veut pas perdre ses doigts de pieds! Nous danserons ainsi avec les natifs jusqu’à n’avoir plus la force de lever une jambe.

Vendredi: Repos

Le deuxième jour, sera pour nous l’occasion de découvrir un peu mieux Oruro et de s’imprégner de l’ambiance. Depuis cette année, les globos (bombes à eau) sont interdits en raison de l’aridité de la région. Un bon point pour l’environnement! Du coup, on se rabat sur l’espuma (bombes de mousse). Ça colle, ça pue, mais qu’est-ce qu’on s’amuse! Tout le monde joue le jeu, des plus petits aux plus grands. Dans les rues, les hommes s’affèrent à monter les gradins pour le lendemain. Sur notre chemin, nous rencontrons un charmant jeune homme, petit argentin perdu dans cette foule de boliviens. Plus on est de fous, plus on rit! Bienvenu Manuel! A la fin de la journée, nous formons un bon groupe de jeunes de divers horizons. Nous irons visiter la fameuse église del Socavón avec ses souterains en compagnie de Clara & Lucie et déguster l’Api (boisson de maïs accompagné d’un beignet frit). La nuit venue, tout le monde danse dans les rues! Nous nous joingnons à l’effervescence générale. L’alcool coule à flot. Les verres passent de main en main … et quelques fois, une drogue s’y glisse sans que personne ne s’en aperçoit. L’effet est radical, vous vous endormez profondement laissant à votre voleur le temps de vous dépouiller complètement. Pourtant, moi, j’étais parfaitement consciente, seulement inconsciente d’avoir laissé mon sac 5 min sans surveillance… Plus de 3000 clichés envolés dans la nature. L’appareil n’est qu’un bien matériel mais les photos… elles étaient témoins de nos aventures et aurait conservé tous nos souvenirs intacts tandis que la mémoire les aurait éffiloché. Plus aucunes photos du Chili, ni de Bolivie. "Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort."

Samedi: Le grand Show

Réveil difficile mais aujourd’hui plus que tout autre jour, il faut se lever tôt. Le défilé commence à 7h! On arrive donc vers 10h dans les gradins. Chacun a sa place numérotée car les prix varient selon l’emplacement. A peine assis, le tourbillon vous prend! Vous ne pouvez plus décrocher votre regard des danseurs parés de mille couleurs. Là, il y en a des paillettes! Les costumes arborent une multitude de détails. On ne sait plus où donner de la tête. La fanfare rythme la danse. Et toutes les générations sont présentes! Et ça danse, ça ne s’arrête jamais. L’espuma vole de tous côtés. Les petits vendeurs crient: "Helado, gelatina, pollo, llama (Glace, gélatine, poulet, lama)", "Poncho, PONCHO!" Seul point noir dans ce décor lumineux: la pluie. Mais ça rafraîchie les danseurs et puis nous, on n’est pas en sucre! On restera toute l’après-midi, perchées sur nos gradins, à regarder défiler les costumes les yeux grands écarquillés. Parfois, une tête blonde apparait au milieu des danseurs. En fait, tout le monde peut participer au défilé, y compris les étrangers. Il suffit de payer son costume et d’apprendre à danser (ce qui n’est pas aisé pour tout le monde…). Passeront les Tinkus, los Tobas, los Llameros, los Incas, los Caporales, los Negritos, la Morenada et bien sûr, typique d’Oruro, la Diablada. Quand les troupes passent devant une tribune particulièrement bruyante, les danseurs redoublent d’énergie et de vigueur! Il faut dire qu’ils s’entrainent toute l’année pour ce fameux défilé. Le soir nous irons manger avec Rosa, une quarantenaire en plein tour du monde puis le froid nous ramenera très vite à la casa.

Dimanche: La dernière danse

Aujourd’hui, il fait gris et dans les rues pas âme qui vive. La foule est partie. Ne reste que ceux qui ne tiennent plus debout ou sont déjà affalés au beau milieu de la calle. Ce n’est pas beau à voir. Mais alors que la ville parait déserte, voilà qu’apparaîssent les danseurs! Ils sont tous là! Les rires nous parviennent de tous côtés. Joyeuses troupes qui fêtent leur triomphe. Pour les photos, nous n’avons qu’à demander, ils prennent tous la pose! Pour se fondre dans le paysage, nous nous laissons maquiller par les femmes. Woaw! C’est très…c’est trop…c’est assez coloré! Ce n’est plus un maquillage mais un masque que nous avons là! Au moins, on passe inaperçue maintenant! Dans l’après-midi, défilent encore quelques irréductibles. Le soir, avec Manuel, nous écoutons Ugo, bolivien, nous conter les histoires de son pays. Nous sommes fascinés! Il n’a que 19 ans mais tellement de choses à raconter. Parti de rien, il a voyagé, appris et aujourd’hui, à l’entendre parler, on lui donnerait 30 ans. Il n’attend plus rien du destin, c’est lui qui forge sa destinée. Ça laisse à penser… Après cela, nous suivrons une dernière fois les musiciens par delà les gradins. Une dernière danse, avant d’aller dormir et rêver aux mille et une paillettes de ces quatre jours de fête.

 

Los Kjarkas – Llorando se fue (avec en prime la fameuse danse des Caporales!)

Musique, danse et costumes Tinkus

Et n’ hésitez pas à aller voir les vidéos (sur Youtube) du carnaval d’Oruro!

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